Delhi, pensées confuses 3/3

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Dessin de JuliaL

Souvent ce mal à l’âme

A Chandni chowck encore

Nous y sommes passés sans bien trop le nommer

Ce bazar délirant ou le bois et le fer

Le conducteur et le marchand

Se côtoient en grinçant

Ou les klaxons vomissent leurs signaux

Par millions

J’ai fait une immersion

Chez les dieux des hindouistes

Shiva, Ganesh, Vishnou

Et encore quelques autres

Mais les noms se dispersent

Aux fumées des autels

Et au hasard d’un coup d’œil

A ma gauche

Alors qu’un premier jet d’idées

Confuses et débridées

S’étale sur cinq pages

Bercées des rimes en _é

J’avoue n’être pas seul dans cet ailleurs

Dans ces pensées

Construite et inventées et puis réinventées

Au grès des digressions, au grès des impressions

Partagées

Et c’est juste un cadeau

Au milieux, minimum de millions

De visages.

D’avoir un compagnon

De voyage

Demain nous repartons ailleurs que cet ailleurs

Une réalité

Juste à peine frôlée

Delhi, dix Paris en substance

Ce n’est pas une fuite

Ou juste un petit peu

Avec comme tout premier

De mes quelques regrets

D’avoir appris l’autre surtout

Par la monnaie

Mais laissons là le triste

S’emmêler aux merveilles

La fascination

De la perte des sens

Aux mille gouts piquants et si jolie

L’un d’un thali

Au deux ou trois indiens

Nous donnant l’accolade

Et se photographiant avec nous

Tout sourire

Car nous portons bonheur.

 

 

 

 texte de Nay, Delhi, pensées confuses, Troisième et dernière partie

Cheminement Portugais. transsubstantiatio

 

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« Avec le Christ, les chrétiens nous ont volé la transsubstantiation.

Notre pain, notre vin se sont métamorphosé en corps divin en laissant de côté l’ensemble de notre culture.
Nous sommes pain. Nous sommes vin, mais également Porto !

Nous sommes les sardinha que nous mangeons, car nous sommes l’océan qui nous porte.

Nous sommes le basilic que nous offrons.

Nous sommes la terre du Douro qui nous honore de sa richesse.

Substances sacrées mais non divine, je redemande un juste séparation

Pour la transsubstantiation de notre quotidien. »

Pépé Figolu

Reforme Gnostique selon K.Dick

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Un dessin de Yaya

1. Le créateur de ce monde est un dément.

2. Le monde n’est pas comme il apparaît, afin de cacher le mal qui est en lui, un voile l’obscurcit ainsi que la divinité démente.

3. Il y a un autre, un meilleur royaume de Dieu, et tous nos efforts doivent être dirigés vers un retour vers lui et vers son accomplissement ici-bas.

4. Nos vies véritables remontent à des milliers d’années d’ici, et nous pouvons être amenés à nous souvenir de nos origines au sein des étoiles.

5. Chacun d’entre nous a une part divine qui n’a pas chuté et qui peut être atteinte afin de nous éveiller. Cette autre personnalité est l’authentique moi éveillé ; la personnalité présente est endormie et sans importance. Nous sommes en fait endormis, et entre les mains d’un dangereux magicien déguise en bon dieu, la divinité créatrice démente. La désolation, le mal et la douleur en ce monde, le fait qu’il est une prison déterministe contrôlée par une divinité créatrice démente nous fait nous séparer du principe de la réalité très tôt dans notre vie, et si l’on peu dire de tomber dans le sommeil de l’illusion.

6. Nous pouvons passer du monde de la prison des illusions dans le royaume de paix si le Vrai Dieu Bon nous place sous sa Grâce et nous permet de voir la réalité au travers de ses yeux.

7. Le Christ a donné, plutôt que de recevoir, une révélation ; il enseigna à ses disciples comment entrer dans le royaume pendant cette vie, alors que les autres religions à mystères n’apportent que l’anamnèse : une connaissance de cela en d’autres temps dans un autre royaume, pas ici. Il le fait advenir ici, et il est l’agent vivant de l’Unique Dieu Bon (Logos).

8. Probablement que la véritable et secrète église chrétienne existe toujours, depuis longtemps souterraine, avec le Corpus Christi à sa tête ou en tant que dirigeant, ses membres étant absorbés en elle. En participant à cette Église, ses membres ont probablement des pouvoirs magiques très étendus.

9. Les divisions en « deux temps » (le bien et le mal) et en « deux royaumes » (du bien et du mal) prendront soudainement fin avec la victoire du bien ici alors que le royaume invisible aujourd’hui se rendra visible. Nous ne pouvons connaître le moment où cela arrivera.

10. Pendant ce temps, nous sommes sur le Pont du Passage, jugés selon la puissance à qui nous avons porté allégeance, au démiurge créateur fou de ce monde ou à l’Unique Dieu Bon et à son Royaume, que nous connaissons au travers du Christ.

Connaître ces dix principes de la Gnose chrétienne c’est courir au désastre.

D’après Exegesis de Philip K. Dick

Tatouage

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Joseph Pleigneur dit « Manda » ou l’« Homme », membre des Apaches de Belleville

-Les coeurs d’aciers ?

-Oh, ceux -là, ce sont  des chiffonniers, malgré le coeur étincelant placé sur le poignet gauche.

-Et les coeurs Unis ?

-C’est une bande qui disparaît. Ils travaillent à Grenelle avec le grand Tondu. C’est comme « les grains de beauté » qui portaient une lentille sous la lèvre inférieur? Ceux-là, c’étaient des mâles, des braves, des costauds !

Entretien avec l’inventeur du tatouage des Apaches.

Rêve d’être ourse

 

 

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Tête d’Ourse, par Legrand.

 

 

 

L’inquiétude qui naît en moi n’est pas des moindres : je me rends compte que je deviens peu à peu ce personnage liminaire dont on me parlait en Alaska, un naa’in, une femme des bois qui sent tout parce qu’elle n’est pas d’ici ni de là-bas d’ailleurs, un être photosensible qui réceptionne des informations exogènes en permanence puisque, se situant dans la zone incertaine et ambivalente de l’entre-deux mondes, elle est nécessairement plus exposée. Sauf qu’à Tvaïan sous le volcan, les Even ne me surnomment plus « Naa’in » comme les Gwich’in, mais « Matura ». Matura, c’est l’ourse. Ça, c’est à cause de mes appétences sylvestres (je n’ai toujours pas renoncé à grimper aux arbres), de mon goût prononcé pour les myrtilles (je peux passer des heures assise au milieu des champs à fourrager), de ma musculature trop prononcée pour une femme (les parois alpines ne sont pas si loin), et surtout des rêves que je fais, comme l’ourse qui ne dort pas mais rêve cachée dans sa tanière sous terre et réinvente son monde chaque hiver avant de ressortir au grand jour.

Moi qui venais enquêter sur leurs formes de pensées à eux, me retrouve à rêver à leur place, on me traque et on m’investigue, on veut savoir ce que je vois pour savoir où aller chercher les animaux, mais je n’en sais rien moi, et d’ailleurs je n’en veux plus, de ces rêves ; je voudrais me cantonner à être ce que je suis, une anthropologue sur le terrain qui sait mettre l’espacement nécessaire entre elle et son objet d’étude, je voudrais croire à cette fable de la distance critique dont on se convainc entre anthropologues pour assurer notre légitimité scientifique – et surtout pour préserver notre santé mentale. Là-bas alors je repense à Claude Lévi-Strauss, je me dis que ça doit être ça, son « observation intégrale », je me dis aussi que je suis peut-être en danger si tel est le cas, puisque qu’elle est celle « après quoi il n’y a plus rien, sinon l’absorption définitive – c’est un risque – de l’observateur par l’objet de son observation».

Nastassja Martin

Confiance en l’Univers

DragonsBretons
Un dessin de Raoulette

La magie joue un rôle des plus importants.

Toutes les fois qu’ils abordent une tâche qui est pour eux d’une importance vitale et dont ils ne peuvent pas venir à bout par leurs propres forces, ils appellent la magie à leur aide. Pour se rendre maîtres du vent et du temps, pour se préserver des dangers, pour s’assurer des succès en amour, dans le commerce et dans la danse…

Malinowski