Cheminement portugais. Grândola

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Un dessin de Raoulette.

 

Grândola est une petite ville de l’Alentejo, au sud du Portugal.

Grândola Vila Morena fût chantée par les militaires pour lancer la révolte contre le régime de Salazar. Elle n’est pas morte après la révolution. Toujours dans les esprits, on peut facilement l’entendre en manif. En 2013 elle redevient un symbole de lutte contre l’oppression, elle symbolise la force contestataire contre le gouvernement de Manuel Passos Coelho appliquant une politique d’austérité sévère sous la pression de Bruxelles.

Paul Orso

Grândola, ville brune
Terre de la fraternité
Seul le peuple ordonne
En ton sein, ô cité

En ton sein, ô cité
Seul le peuple ordonne
Terre de la fraternité
Grândola, ville brune

À chaque coin de rue un ami
Sur chaque visage, l’égalité
Grândola, ville brune
Terre de la fraternité

Terre de la fraternité
Grândola, ville brune
Sur chaque visage, l’égalité
Seul le peuple ordonne

À l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connaissait plus son âge
J’ai juré d’avoir pour compagne
Grândola, ta volonté

Grândola, ta volonté
J’ai juré d’avoir pour compagne
À l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connaissait plus son âge

José Afonso

Cheminement portugais. Saudade

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Informes toi
Voyageur
Comprends
Que tout les délices ont leurs passés
Prends le chemin
En pleine mer
Danses pour être possédé
Chantes
Les maux d’Evora
Si tu m’écris
Je t’écrirai
Si tu m’oublies
Je t’oublierai
Jusqu’au jour
De ton retour

 

 

 

La ferme électrique # 8

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La ferme électrique est un festival dans une ancienne ferme, qui, pendant deux soirées

enflammées, met en scène une vingtaine de concerts, des installations et des performances.

La ferme électrique est un petit festival intimiste, sympa où on peut faire du camping sur un petit champ à côté. Le décor est celui DIY et il nous séduit rapidement par son âme chaleureuse et sans chichi.
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Il y a aussi des fanzines (un atelier de fabrication est mis en place par un équipe super efficace grâce à la contribution artistique des festivaliers) et des frites. Nous ne pouvons pas rêver mieux.
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« Hey colossus » de Michel Carton

Deux scènes (une dans la grange et l’autre dans l’étable) avec des groupes comme les Housewives qui nous envoient directement dans les pommes grâce à leur son planant et froid (le guitariste joue avec une sauterelle sur lui) ou Gloria avec leur passion pour les années 60’s et encore Guili Guili Goulag et leur groove sorti directement d’un rêve en pleine Amazonie.

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Finalement nous rentrons à Paris dimanche matin avec le rer de 10h40 après avoir passé deux jours à tout écouter et à tout boire plongés dans une folle en sueur…merci la ferme !
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Une reportage de Lara Cani et Michel Carton
La ferme électrique # 8, du 7 au 8 juillet 2017 à Tournan-en-Brie
Pour plus d’infos ici

 » Je ne me souviens que de l’avenir. »

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Nostalghia, d’Andreï Tarkovsky, piazza del Campidoglio, Rome.

 

Domenico, sur la statue équestre de Marc Aurèle, vocifère, tendre : 

 Quel ancêtre parle en moi ?

Je ne peux vivre pas simultanément et dans ma tête et dans mon corps. C’est pourquoi je ne peux pas être une seule personne. Je peux sentir en moi d’innombrables choses à la fois.

Il n’y a plus de grands maitres. C’est le véritable malheur de notre temps.
Le chemin du coeur est recouvert d’ombre.
Nous devons écouter les voix qui semblent inutiles dans les cerveaux pleins de longs tuyaux d’égouts du mur d’école, des tarmacs et des documents de bien-être sociaux.
Le bourdonnement des insectes doit entrer.
Nous devons remplir les yeux et oreilles de tous avec des choses qui seraient le commencement d’un grand rêve !
Quelqu’un doit crier que nous construirons des pyramides. Qu’importe si nous ne le faisons pas.
Nous devons alimenter ce souhait et étirer les coins de l’âme comme une feuille sans fin.

Si vous voulez que le monde avance, nous devons nous prendre les mains. Nous devons mélanger les soi-disant sains avec les soi-disant malades.
Vous, les bien-portants ! Que signifie votre santé ?
Les yeux de toute l’humanité regardent la fosse dans laquelle nous sommes plongés.
La liberté est inutile si vous n’avez pas le courage de nous regarder dans les yeux, de manger, boire et dormir avec nous ! C’est la soi-disant santé qui a amené le monde au bord de la ruine.
Homme, écoute ! En toi, eau, feu et puis cendres, et les os dans les cendres.
Des os et des cendres !

Où suis-je quand je ne suis pas dans la réalité, ni dans mon imagination ?
Voici mon nouveau pacte :
qu’il y ait du soleil la nuit et qu’il neige au mois d’aout.
Les grandes choses finissent, ce sont les petites qui durent.
La société doit s’unir à nouveau au lieu d’être autant morcelée.
Il suffit d’observer la nature pour comprendre que la vie est simple.
Il faut revenir en arrière, à ce point exact où vous vous êtes engagés dans le mauvais chemin.
Il faut retourner aux fondements essentiels de la vie, sans salir l’eau.
Dans quel monde vivons nous si un fou doit vous dire que vous devriez avoir honte ?

Et maintenant, musique.

Oh mère, oh mère…

L’air est cette chose légère qui flotte autour de ta tête et devient plus claire quand tu ris.

Prenant un bidon d’essence, il s’asperge de celle-ci.

La musique ne fonctionne mais. Aidez-moi !

La musique de démarre pas, l’homme brûle. Sous la statue du haut de laquelle il se tord se consumant, un homme mime en silence l’action, se roule à terre. L’homme brûle. La musique avec ses cris. Silence de la voix –  musique.

Spero Lucem

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Photo de Quentin Chevrier -art2m

Munie de mon invitation ‘Culture Dessinée’ (la classe!), je débarque à l’église Saint Merry
à deux pas de Beaubourg.

Je ne suis pas forcement très versée dans la religion mais l’idée que la paroisse laisse à disposition son église pour des concerts pas très catholiques me réjouit.

On peut même y boire des bières et ca tombe bien j’aime beaucoup la bière.
Ce soir, je suis envoyée spéciale pour CD donc pas question de m’enivrer. Je commence
par m’en jeter une petite par pure conscience professionnelle. Juste histoire de me mettre
dans l’ambiance. Mon demi litre à peine englouti, je visite le lieu. C’est vraiment
très grand, ca me plait beaucoup. Le public est surtout constitué de gens beaux et bien sapés.
J’aurais dû un peu plus soigner mon apparence… Mais il y a également des gens detroy très typés musique industrielle, avec des coupes moitié rasé moitié long, des piercings et des vêtements un peu comme dans le film matrix.

Dans le public, je croise même le mec du groupe Oiseaux-tempête.
Il est très sexy avec sa coupe de poulbot mais je trouve leur musique un peu chiante.
Bon, la bière me monte un peu à la tête, ca tombe bien le concert commence. En première partie on a un type tout seul à la guitare avec plein d’effets. L’idée, c’est de faire plein de couches de musique enregistrées et bouclées. C’est très à la mode et ca évite de te trainer un groupe.

Le son est pas super propre, ca agresse un peu les oreilles à force de craquer. On a peut être encore affaire à la fameuse esthétique DIY. Mais si, vous savez bien, le Do It Yourself! Tu fais tout toi-même et quand le résultat est un peu crado, et bien, tu affirmes que ca donne un côté bricolage vraiment charmant.Son nom c’est ‘thisquietarmy’. Il est canadien. Je profite de la pause pour m’en reprendre une petite.

Mes amies sont parties à cause de mes discours sur la zica et les enfants déformés en
amérique du sud. Je vais donc devoir affronter la deuxième partie toute seule. Ca commence par une note à l’orgue. Ca dure bien 5 minutes. C’est très original de la part de Mondkopf et ses amis de mettre une note d’orgue dans une église. Je lis dans le petit dépliant de présentation qu’il s’agit d’un concept. Je trouve ça intelligent. Les artistes vont devoir jouer autour de cette note.
D’un coup Somaticae entre en scène et commence à produire des bruits désagréables. J’en profite pour enfiler mes bouchons pour les oreilles remis à l’entrée par l’excellente équipe d’accueil. Il ne s’arrête pas là et le voilà qui dégaine un archet avec lequel il frotte un morceau de polystyrène. Le tout provoque un son à la limite du supportable, mais il a l’air de s’amuser. C’est très important visuellement! Il faut que les artistes s’amusent.

Il est rejoint par le reste de la troupe: Mondkopf (ca veut dire ‘tête de lune’ en allemand) et les deux histrions de saåad (ils disent dans leurs interviews que c’est la
traduction anglaise de triiiiiste, une référence à la musique drone). Les trois nouveaux ajoutent  une nouvelle couche de bruit. C’est joli. Ensuite ils se mettent à chanter comme des moines, certainement un deuxième clin d’oeil habile au lieu du concert après la note d’orgue. Le résultat est profond et envoutant. Je suis en plein pic éthylique. Pleine d’idées pour l’article mais j’ai malheureusement tout oublié.
Mondkopf envoie des énormes beats dans nos gueules. Ma voisine, très certainement une toxico compte tenu de son visage raviné, est aux anges. Je me sens comme transportée. Et voilà la fin du concert.
Je suis rentrée chez moi les oreilles sifflantes mais avec le sentiment du devoir accompli.

Isabulla pour Culture Dessinée.

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Photo de Quentin Chevrier -art2m

Spero lucem, Mondkopf, Somaticae, Saåad, Paris 28/01/16

L’histoire de Léon Theremin

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Théodore de Biancone

Le thérémine (theremine ou theremin) est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1919. Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, l’instrument a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste.

Voir aussi :

Le vidéo où Léon Theremin joue le thérémine