Grata sono io

Phillip

Grata sono io

di questo cuore

dì questo respiro blu e bianco delle tue mani nelle mie 

di quest’amore a giri

grandi come la terra di nuvole arrotolate sui suoi fianchi

di ere

dell’universo, dì un battito mai stanco

della musica e degli errori

se li si impara

delle parola per dire la bellezza del mondo

per mettere una bandiera fino a dove lo so dire,

e da dove solo contemplare.

Quando un poeta muore 

lascia una traccia 

lungo le sue notti insonni

i suoi genitori, amori,

filo di seta preziosa 

dipanato dalla noce sua vita,

una traccia per mondi:

ogni parola una porta

un cancello su un possibile

una traccia per vie diverse

di celebrare e rendere grazie

perdersi cadere girare l’angolo

e ritrovarsi di colpo, inaspettatamente

di fronte al maestoso altare della vita.

Quando un poeta muore,

suonate la sua cetra 

fino a tardi, ma con grazia. 

Alice Bologna

On naît à deux

Phillip

Le problème c’est que je ne t’aime pas. Je ne t’aimerais jamais. Je n’aime plus. J’ai perdu le mode d’emploi et puis j’ai aussi perdu la foi.

Avec toi j’ai essayé de t’aimer, d’aimer à nouveau. Mais cela ne vient pas, c’est cassé. Peut-être irréparable. J’aimerais que non, mais je ne sais pas. 

Alors en attendant je me résigne à ne plus penser pour deux, à n’exister pour personne, à vivre seulement pour moi. 

C’est comme si tout était arrêté depuis que je ne sais plus aimer. Je change à vitesse grand ‘V’, mais je n’ai pas de projets car à mon âge on doit faire des projets pour deux, voire trois, quatre ou cinq. On naît à deux et on meurt en ayant même pas conscience d’être un, le reste du temps l’on est seul(e). Et personne ne nous a appris à faire lorsque l’on est seul(e) et surtout comment ne pas espérer d’être à plus. 

Le problème c’est que je ne suis pas encore résignée de ne plus jamais aimer.

La Rousse

2019

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Lara Cani

 

Cher ami je t’écris.

Pour la nouvelle année je ne ferai pas de faux pas.

Je mangerai seulement des chats bien cuits.

Plein air évidemment.

Je ferai du vélo trois fois par jour.

J’arrête les voyages tropicaux.

Je partirai seulement en banlieue faire des courts séjours sur les quais des RERs.

Je rencontrerai des amis, des copains, des rats.

J’arrête de lire. Je passerai mon temps à regarder des vidéos avec des chiens.

Ou à décoder des publicités pour écrire une épopée.

Je vais ouvrir un magasin à hérissons.

Les gens payerons pour venir les nourrir avec des vers lyophilisés.

On va bien se marrer.

Lara Cani

 

 

 

Dans le train

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Un dessin de Raoulette

 

Alors que je passe entre les champs, les vallées, les fleuves et les montagnes, mon esprit devient un leurre ; mon œil voit, ressent et palpe le réel comme si il existait vraiment. Devant cette immensité de vide, je suis pleine de vie. Ici et là au grés des nuages se dessine une ombre sur la terre meuble, mais quoi de plus stable que cette ligne d’horizon grignotée par les quelques nuages qui tentent de s’y faire une place. Les couleurs des champs varient entre un vert printanier et un jaune déjà roussi par le soleil.
Trêve de réflexion, laissons place aux sensations ; aucune n’est là pour mentir mais seulement imposer sa vérité, son ignoble façon de croire et de penser.
Tout va de plus en plus vite, de plus en plus fort.
Les images se confondent, se perdent dans les tréfonds d’un esprit, comme invisibles ces sensations transpercent mes orbites ; comme une eau calme, le vent m’apprivoise et se disperse.

La Rousse

Maria

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Un dessin de La Rousse

 

Il m’a dit qu’elle venait de Centre-Afrique. Qu’elle était réfugiée… En bonne européenne, non seulement je ne connais pas la situation politique dans ce pays mais je ne savais même pas le placer sur une carte.

Mais j’ai reconnu dans ses yeux la pudeur. Celle d’être encore là, de ne pas savoir pourquoi, ni même comment. Le sourire beau et franc, d’une tristesse à jamais ancrée, celle-là même d’avoir tout perdu et d’avoir retrouvé quelque chose de différent, ailleurs… Mais jamais ce qui a été perdu…

Alors c’est ça que j’ai vu dans ses yeux, la pudeur d’avoir éternellement perdue et d’en être triste. Mais savoir que la vie continue et que même si l’on se doit de pleurer nos morts, ils ne sont plus là pour nous consoler. Que même si la maison brûle, il nous faut en trouver une nouvelle. Que tout est irrémédiablement perdu, mais que la perte ne nous a pas emmenée avec elle et nous sommes encore là. Irrémédiablement las et triste.

Au fil des années la tristesse devient comme une compagne. Et alors elle fait ça : elle enveloppe, pose un voile sur les émotions et il ne reste alors plus que la pudeur de visible par tous. Et la sienne je l’ai vue et je l’ai adorée.

La Rousse

Paris, le 9 mai 1982

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Le dessin d’un travailleur

Monsieur le Directeur des Sociétés des Autoroutes,

[…] Avec ma femme, Carol Dunlop, également écrivain, nous envisageons une “expédition” un peu folle et pas mal surréaliste, qui consisterait à parcourir l’autoroute entre Paris et Marseille
à bord de notre Volkswagen Combi, équipée de tout le nécessaire, en nous arrêtant sur les 65 parkings de l’autoroute à raison de deux par jour, c’est-à-dire en mettant un peu plus d’un mois pour faire le trajet Paris-Marseille sans quitter jamais l’autoroute. Nous avons l’intention, en dehors de la petite “aventure” que ceci représente, d’écrire au fur et à mesure du voyage un livre qui raconterait d’une façon tout à fait littéraire, poétique et humoristique, les étapes, événements et expériences divers que va nous offrir sans doute un voyage aussi étrange. Cela s’appellera peut-être PARIS-MARSEILLE PAR PETITS PARKINGS, et bien sûr l’autoroute serait la protagoniste principale.
Voilà pour notre plan, qui serait mené à terme avec l’appui de quelques amis chargés de nous ravitailler tous les dix jours (en dehors de ce que nous trouverons dans les aires de l’autoroute). Le seul problème est que, à notre connaissance, une voiture ne peut pas rester plus de deux jours sur l’autoroute, et c’est pourquoi nous nous adressons à vous, pour vous demander une autorisation qui, le moment venu, nous éviterait d’avoir des ennuis aux différents péages.
Si vous pensez que notre idée de faire un livre sur ce sujet n’est pas désagréable à votre société, et qu’il n’y a pas d’inconvénient
à nous autoriser à “vivre” un mois en nous déplaçant à raison de deux parkings par jour, j’aimerais avoir votre réponse dans les meilleurs délais, car nous voudrions partir vers le 23 de ce mois de mai. […]

Julio Cortázar et Carol Dunlop
Les Autonautes de la cosmoroute, Éditions Gallimard, 1983, p. 15-16.

Traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon

 

Ultima cena

Kiebasa
Un disegno di Camille Ortie

 

 

Cosa mangiano prima di essere uccisi i condannati a morte negli Stati Uniti d’America.

Nome, Stato d’esecuzione, anno d’esecuzione. Modo d’esecuzione. Ultima cena.

 

 

  • Aileen Wuornos, Florida, 2002 . Iniezione letale. Rifiuta una cena speciale, le viene dato un hamburger dalla mensa. Poi beve una tazza di caffè.
  • Allen Lee Davis, Florida, 1999. Il « piccolo » Davis, 150 kg, chiede aragosta, patatine fritte, gamberetti, vongole, mezzo filone di pane all’aglio, e quasi un litro di root beer.
  • Alton Coleman, Ohio, 2002. Filetto ben cotto accompagnato da funghi, petti di pollo fritti, un’insalata con vinaigrette, sformato di patata dolce con panna, patatine fritte, cavolo nero, anelli di cipolla fritta, pane di mais, broccoli con formaggio fuso, biscotti, sugo della carne, e una coca-cola alla ciliegia.
  • Ángel Nieves Díaz, Florida, 2006. Rifiuta una cena speciale, gli viene servita la normale cena prevista in prigione quella sera, ma rifiuta anche quella.
  • Barton Kay Kirkham, Utah, 1958. Pizza e gelato, « per avere formaggio, carne, tutto in un solo piatto, senza casini inutili. »
  • Charles Starkweather, Nebraska, 1959. Rifiuta la solita cena a base di carne ai ferri, chiede un tagliere di salumi.
  • Daniel Anthony Lucas, Georgia, 2016. Pizza con carne, calzone con carne e formaggio, champignon ripieni, insalata dello chef condita con mostarda al miele e salsa bianca all’aglio, una spremuta di arance.
  • David Mason, California, 1993. Camera a gas. Rifiuta una cena speciale, chiede di avere a disposizione nella sua cella acqua gelata mentre aspetta di essere chiamato.
  • Desmond Keith Carter, North Carolina, 2002. Rifiuta una cena speciale. Riceve due hamburger al formaggio, un panino alla carne, e due coca-cola dalla mensa della prigione. Gli vengono sottratti 4 dollari e 20 centesimi dal conto.
  • Dobie Gillis Williams, Louisiana, 1999. 12 barrette di cioccolato e un po’ di gelato.
  • Douglas Wright, Oregon, 1996. Una ciambella al miele.
  • Edward Hartman, North Carolina, 2003. Insalata greca, linguine con salsa alle vongole, hamburger al formaggio con salsa alla ciliegia, pane all’aglio e una coca.
  • Eric Wrinkles, Indiana, 2009. Costolette, una patata ripiena al forno, braciole di maiale con patate fritte, qualche panino al burro e due insalate con salsa bianca all’aglio. Il tutto servito 3 giorni prima dell’esecuzione perché secondo il sistema delle prigioni dell’Indiana i condannati a morte tendono a perdere l’appetito avvicinandosi alla fine.
  • Gary Lee Davis, Colorado,1997. Gelato al cioccolato e vaniglia, condiviso con il sovrintendente e il direttore della prigione.
  • Gary Gilmore, Utah, 1977. Plotone d’esecuzione. Un hamburger, uova sode, una patata al forno, qualche tazza di caffè, e tre bicchierini di Jack Daniel’s di contrabbando.
  • Gary Michael Heidnik, Pennsylvania, 1999. Due fette di pizza al formaggio e una tazza di caffè.
  • Gary Carl Simmons, Jr., Mississippi, 2012. Iniezione letale. Una Pizza Hut Medium Super Supreme Deep Dish con doppia porzione di funghi, cipolle, peperoni messicani, e salame piccante. Una seconda pizza ai tre formaggi, olive, peperoni, pomodoro, aglio e salsiccia italiana, 10 pacchetti da 200 g di Parmigiano, 10 pacchetti da 200g di salsa bianca all’aglio, un pacchetto familiare di Nachos al formaggio, 200 g di nachos piccanti, 100 g di peperoni messicani a fette, 2 frappé alla fragola, due coca-cole alla ciliegia da 600ml l’una, patatine fritte Super Size ordinate da Mcdonald’s con maionese e ketchup extra, e un chilo di gelato alla fragola. Mangia circa la metà del pasto ordinato.
  • Ignacio Cuevas, Texas, 1991. Pollo, ravioli, riso al vapore, pane a fette, fagioli neri, tè freddo.
  • James Edward Smith, Texas, 1990. Una manciata di terra, che gli viene negata. Si accontenta quindi di uno yogurt.
  • Joe Arridy, Colorado, 1939 (assoluzione postuma nel 2011) . Camera a gas. Gelato.
  • John Albert Taylor, Utah, 1996. Farmaco anti-acidità, una sigaretta, e pizze « con sopra tutto ».
  • Lawrence Russell Brewer, Texas, 2011. Due petti di pollo fritto in salsa con cipolle a fette, triplo cheeseburger al bacon, un’omelette al formaggio con carne tritata , pomodori, cipolle, peperoni, peperoni messicani, okra fritta con ketchup, mezzo kilo di carne alla brace con un mezzo filone di pane bianco, tre fajitas con contorno, una Pizza Carnivora, tre bibite, mezzo chilo di gelato alla vaniglia, un pezzo di caramello al burro di arachidi con noccioline intere. La richiesta viene accettata, ma il condannato rifiuta il pasto dicendo che non ha fame. In seguito a questo episodio il Texas non concede più ultime cene per i condannati a morte.
  • Ledell Lee, Arkansas, 2017. Sceglie di fare la comunione come ultima cena. Un’ostia consacrata.
  • Mark Hopkinson, Wyoming, 1992. Una pizza, condivisa con sua madre e altri membri della famiglia.
  • Odell Barnes, Texas, 2000. Come ultima cena chiede « Giustizia, eguaglianza e la pace nel mondo ».
  • Philip Workman, Tennessee, 2007. Rifiuta un’ultima cena per sé stesso ma chiede che una grande pizza vegetariana sia regalata a una persona senza fissa dimora. La richiesta non è accettata dalla prigione. Migliaia di pizze vengono distribuite da volontari ai senza-tetto per onorare la richiesta di Philip.
  • Ricky Ray Rector, Arkansas, 1992. Bistecca, pollo fritto, bevanda disidratata in polvere al gusto di ciliegia e una crostata di noci pecan. Rector, mentalmente incapace dopo il suo tentativo di suicidio in seguito all’uccisione di un poliziotto, non mangia la crostata: la conserva per dopo.
  • Ronnie Lee Gardner, Utah, 2010. Aragosta, bistecca, torta di mele, gelato alla vaniglia, 7 Up, guardando la trilogia del Signore degli Anelli.
  • Stephen Wayne Anderson, California, 2002. Due panini al formaggio grigliato, mezzo kilo di ricotta, polenta, crostata alla pesca, mezzo kilo di gelato ai biscotti e ravanelli.
  • Terry Jess Dennis, Nevada, 2004. Due cheeseburger e una coca con ghiaccio.
  • Thomas J. Grasso, Oklahoma, 199. Due dozzine di cozze al vapore, due dozzine di vongole al vapore, doppio cheeseburger, mezza dozzina di costolette, due frappé alla fragola, mezza crostata alla zucca con panna montata e fragole, una scatoletta da 450 g di spaghetti con polpette servita a temperatura ambiente. Dopo la cena fa una dichiarazione ufficiale dicendo che come pasta aveva richiesto anelletti e non spaghetti.
  • Velma Barfield, North Carolina, 1984. Iniezione letale. Rifiuta l’ultima cena, prende solo un pacchetto di patatine al formaggio e una coca-cola.
  • Victor Feguer, Iowa, 1963. Un’oliva, con nocciolo.
  • William Bonin, California,1996. Iniezione letale. Due pizze alla salsiccia e salame piccante, tre porzioni di gelato al cioccolato, e tre pacchi da 6 di lattine di coca-cola e di pepsi.

Fonte: Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Last_meal)

Traduzione: Andrea Verga