Pourquoi j’ai détesté Bandersnatch

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Raoulette

Pendant ces fêtes de Noël, comment ne pas être ravi de pouvoir mater un nouvel épisode de Black Mirror ?

Black Mirror est tellement adapté à la lutte contre cette ambiance d’ennui et de famille qu’est Noël.

J’étais donc enthousiaste à l’idée de me lover dans mes couvertures froides pour cette épisode en plein noël-désert. Et puis il y avait cette idée de choisir; j’ai toujours adoré les Mickeys où il fallait choisir pour continuer l’histoire  !

Mais voilà, grosse déception: l’histoire est pauvre, toutes les fins possibles sont inintéressantes et le spectateur a finalement des choix très limités. Pire que tout, Netflix se permet d’intégrer un des scenarios ce qui ne manque pas de nous sortir définitivement du jeu.

La seule sensation que j’ai ressentie fut une morne lassitude face à l’énormité des choix inutiles à effectuer. Vers la fin, la lumière de l’écran m’a réveillée et j’ai fait un clic automatique pour un énième choix inepte. Voilà comment ça s’est terminé…

Bandersnatch ou comment rater un Noël raté…

 

Rosa Mahleri

 

 » Je ne me souviens que de l’avenir. »

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Nostalghia, d’Andreï Tarkovsky, piazza del Campidoglio, Rome.

 

Domenico, sur la statue équestre de Marc Aurèle, vocifère, tendre : 

 Quel ancêtre parle en moi ?

Je ne peux vivre pas simultanément et dans ma tête et dans mon corps. C’est pourquoi je ne peux pas être une seule personne. Je peux sentir en moi d’innombrables choses à la fois.

Il n’y a plus de grands maitres. C’est le véritable malheur de notre temps.
Le chemin du coeur est recouvert d’ombre.
Nous devons écouter les voix qui semblent inutiles dans les cerveaux pleins de longs tuyaux d’égouts du mur d’école, des tarmacs et des documents de bien-être sociaux.
Le bourdonnement des insectes doit entrer.
Nous devons remplir les yeux et oreilles de tous avec des choses qui seraient le commencement d’un grand rêve !
Quelqu’un doit crier que nous construirons des pyramides. Qu’importe si nous ne le faisons pas.
Nous devons alimenter ce souhait et étirer les coins de l’âme comme une feuille sans fin.

Si vous voulez que le monde avance, nous devons nous prendre les mains. Nous devons mélanger les soi-disant sains avec les soi-disant malades.
Vous, les bien-portants ! Que signifie votre santé ?
Les yeux de toute l’humanité regardent la fosse dans laquelle nous sommes plongés.
La liberté est inutile si vous n’avez pas le courage de nous regarder dans les yeux, de manger, boire et dormir avec nous ! C’est la soi-disant santé qui a amené le monde au bord de la ruine.
Homme, écoute ! En toi, eau, feu et puis cendres, et les os dans les cendres.
Des os et des cendres !

Où suis-je quand je ne suis pas dans la réalité, ni dans mon imagination ?
Voici mon nouveau pacte :
qu’il y ait du soleil la nuit et qu’il neige au mois d’aout.
Les grandes choses finissent, ce sont les petites qui durent.
La société doit s’unir à nouveau au lieu d’être autant morcelée.
Il suffit d’observer la nature pour comprendre que la vie est simple.
Il faut revenir en arrière, à ce point exact où vous vous êtes engagés dans le mauvais chemin.
Il faut retourner aux fondements essentiels de la vie, sans salir l’eau.
Dans quel monde vivons nous si un fou doit vous dire que vous devriez avoir honte ?

Et maintenant, musique.

Oh mère, oh mère…

L’air est cette chose légère qui flotte autour de ta tête et devient plus claire quand tu ris.

Prenant un bidon d’essence, il s’asperge de celle-ci.

La musique ne fonctionne mais. Aidez-moi !

La musique de démarre pas, l’homme brûle. Sous la statue du haut de laquelle il se tord se consumant, un homme mime en silence l’action, se roule à terre. L’homme brûle. La musique avec ses cris. Silence de la voix –  musique.

La vision

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Un dessin de Raoulette

Malheur à vous, terre et mer, car Lope de Aguirre est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés.

Cette nuit j’ai eu une vision.

Puissant et terrible, il m’est apparu au milieu de sept vieillards vêtus de blancs.
L’homme, en transe, remuait ses lèvres sans parler, ne m’accordant aucun regard.

Dans ses mains je vis une coupe.
A l’instant où je vis cette coupe, à l’instant où mes yeux cherchèrent à deviner ce qu’elle pouvait contenir, il se mit à la lever au-dessus de sa tête.

Il me regardait.

Accrochant mon œil, il inclina lentement la coupe, versant sur lui ce qui me semblait être de l’Or. Métal en fusion, creusant son casque, brulant son visage.
Lorsque son visage fut totalement recouvert, les sept firent retentir leurs voix.

« Tu es tiède et nous te vomissons ! Prends l’or purifié au feu pour t’enrichir, revêts les habits blancs et caches la honte de ta nudité. »

Cette nuit, j’ai eu une vision.

 Paul Orso